Avec Alteractive, Jean-Michel Berjaud accompagne les entreprises vers une démarche responsable

Photo JMB 22042014

La société coopérative (Scop) Alteractive est une agence de conseil et de formation en développement durable. Fondée en 2009 par Jean-Michel Berjaud et Olivier Canonne, son cœur de métier repose sur l’accompagnement des PME, établissements publics et collectivités dans leur démarche de Responsabilité Sociale de l’Entreprise[1] (RSE). Classiquement, la mission d’Alteractive consiste à analyser le fonctionnement de la structure par un diagnostic, puis établir des préconisations, un plan d’actions et une évaluation des impacts. Contrairement à d’autres secteurs, il n’existe pas de certification globale en matière de Développement Durable, le but étant de sans cesse progresser dans sa démarche. En revanche, il existe une norme – ISO 26 000 – qui sert de référentiel pour construire un projet global et cohérent.

Aujourd’hui l’agence compte 9 personnes dont 7 consultants installés partout en France. Son chiffre d’affaires s’élève à 300 000€ en 2013 et devrait avoisiner 400 000 € en 2014. Son ambition est d’embaucher davantage de collaborateurs pour poursuivre sa croissance.

L’interview de Jean-Michel Berjaud

Comment êtes-vous devenu entrepreneur social ?

Au sortir de mon école de commerce, j’ai travaillé pendant 10 ans dans de grands clubs sportifs et plus particulièrement de Rugby, ma passion. Au cours de mon parcours, j’ai occupé des fonctions marketing et commerciales. Mon rôle était de permettre à des entreprises de valoriser leur image en les associant à celle du Rugby. Après plusieurs années,  j’ai eu envie d’évoluer. Je me suis demandé si les entreprises ne pouvaient pas mettre leurs ressources (compétences, argent, temps) au service de projets plus « utiles » que le sport.  C’est ainsi que j’ai eu l’idée de monter une entreprise de conseil en RSE pour permettre aux entreprises de valoriser leur image non plus à travers le sport mais à travers des engagements sociétaux. Très vite je me suis associé avec Olivier Canonne, qui  œuvrait dans le département RSE du groupe Adecco. Olivier avait une réelle expertise dans la RSE et moi dans le conseil. Je pense que c’est la complémentarité de notre binôme qui a fait la réussite de notre entreprise sociale mais aussi, l’organisation que nous avons choisie, celle de la Scop.

Alteractive est née en SCOP car nous voulions aller jusqu’au bout de notre démarche en incluant des principes de RSE dans nos statuts. Au bout d’une année d’activité, nous avons évolué pour devenir une coopérative d’entrepreneurs. En plus des 3 personnes basées à Lyon, 6 consultants se sont installés partout en France. Ils sont entrepreneurs-salariés : indépendants dans les faits mais salariés et associés de la coopérative. Ce statut est une source de mutualisation des ressources et des compétences. Aujourd’hui nous sommes la seule coopérative d’entrepreneurs spécialisée en RSE en France et fiers de pouvoir accompagner les PME dans leur démarche RSE.

Quels conseils donneriez-vous à un futur entrepreneur social ?

Je pense que l’accompagnement est un élément crucial pour réussir à pérenniser son modèle. En France, l’entrepreneur qui démarre a la chance de pouvoir compter sur un écosystème très développé de réseaux et institutions qui peuvent l’accompagner dans son projet.

Ensuite, je dirai que c’est un leurre de croire qu’il y  a un moment idéal pour entreprendre, ce moment n’arrive jamais, il faut savoir prendre des risques et forcer un peu le destin.

Enfin, je crois qu’il est important de se poser les questions suivantes : quel sera le « petit plus » qu’on va apporter à la société ? Va-il porter sur la forme de l’entreprise ? Sa finalité ? Sur la façon de prendre les décisions ?

Pourquoi avez-vous adhéré au Mouves ?

J’ai identifié le Mouves dès sa création ; au tout début, nous n’étions pas nombreux aux réunions, mais je vois que, depuis deux ans, la communauté Rhône-Alpes s’est bien développée et j’en suis le premier satisfait. J’ai adhéré parce que j’apprécie l’approche du Mouves prônant l’idée que les statuts ne font pas la vertu. Je ne crois pas qu’une association, une mutuelle, ou une SCOP devrait être considérée de « droit » comme une entreprise sociale et une SAS ou SARL en être exclu du seul fait de leur statut commercial.

A l’inverse, ce n’est pas parce que j’ai monté une SCOP que je ne suis pas entrepreneur à part entière comme le prétendent encore certains. Nous avons pris de vrais risques, développé un business model, des compétences et une certaine technicité. Je crois qu’un travail de sensibilisation reste à faire afin de montrer que l’entrepreneuriat social reprend toutes les composantes de l’entrepreneuriat avec en plus cette finalité sociale ou environnementale qui constitue son ADN. C’est ce qui donne du sens à nos actions et crée une vraie plus-value.

Retrouvez plus d’information sur Alteractive ici



[1] La responsabilité sociale de l’entreprise est l’application concrète en entreprise des principes de développement durable.

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